« Pourquoi j’aime la France même en 2016 » de Barbara Polla

J’ai longtemps détesté mon pays. Un rationalisme fatigant auquel je ne comprenais pas grand-chose. Je lui ai préféré l’Italie, pays où tout est possible, pays où on s’arrange toujours. Où les choses finalement sont simples. Mais voilà, je suis bien en France, je me sens bien à Paris. Pour les raisons que donne précisément Barbara Polla.

Vivre entre la France et l’Italie, faire des allers et venues. Oui. Oui. Oui. Mille allers et venues.

Mais vivre et travailler en France, vivre et travailler en France.  Au nom de la petite plage de Charente Maritime où je suis née et qui est enfermée dans mon cœur comme un secret. Au nom de Du Bellay. Au nom de cette éducation unique au monde qu’elle m’a offert. Au nom de son courage. Au nom de la laïcité. Au nom de la force et de la liberté qu’offre notre République.

J’ai longtemps pensé à une expatriation que j’appelais même ex-matriation tant mon pays m’apparaissait comme une sorte de ventre dont je n’arrivais pas à sortir.

Mais non. Vivre ici. Dans l’amour doux de mon père, dans l’amour doux de ma mère.

Les pains au chocolats… les noms des stations de métro… les petits squares.

La mixité raciale, sociale.

Le sens du débat.

Les italiens sont très attentifs aux mots qu’ils prononcent et c’est une merveille absolue pour moi. Mais les français ne sont pas si mal : ils prennent garde aux idées qu’ils défendent et cela aussi, c’est beau.

Les vacances en Italie, oui, toute ma vie. Parce que l’art, la délicatesse, ces corps qui n’en finissent pas de danser. Ces esprits qui savent penser et parler charnellement. C’est un spectacle et une joie à nulle autre pareil. Mais la vie à Paris.  Dans ce bain d’idées qu’est Paris. Dans ce foisonnement-là. Ce foisonnement unique où il est permis de penser en toute liberté.

Vivre à Paris. Tout près de la Sorbonne, tout près de la Maison de la poésie, tout près de la Comédie Française. Pas par snobisme. Non, vraiment, oui, par amour.

Ô Italie, bel paese. Ô Paris, dolce città.

C’est le bonheur parfait.

Les français n’en finissent pas de douter d’eux-mêmes… et pourtant, et pourtant, ils ne devraient pas. C’est ce doute qui est désagréable à ceux que nous accueillons.

Soyons de bons hôtes : aimons-nous.

Merci à Barbara Polla, italienne et française de coeur de m’avoir rendu mon pays.

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