Tendresse des astres

Tendresse des astres

Balbutiements du vide

 miro constellations

(image : Juan Miro : « Constellations »)

Le temps des étoiles

Etoiles bleues

Les étoiles, le matin, fraîches

Sur le velours infini

Imperturbable

Présence,

Timide et obstinée,

Avec quelques remous

Et la jeunesse jamais flétrie :

Le temps vibrant.

Chavirent les étoiles

Vers l’au-delà du dire,

Presque somnolentes.

Et dans leur rêve,

Intense et fixe elle doit être

La vie, se disent-elles.

Etoiles jaunes

Concordances muettes de l’une à l’autre

Comme des oiseaux blessés

Voletant

S’acharnant à s’échapper du nid

Alors que

Piquées là-haut

Toutes en formes

S’occupant du maintenant

Fourmillent d’idées

Se brisant parfois

Dans un fracas silencieux de lumière

Renaissant comme gourmands

Sur la plante

Ces éclats qui nous hantent.

Etoiles vertes

A l’orée ce matin

Dans un bois très secret

Une tendance étrange.

La vibration d’une chose

Le sentiment rare

Revenu comme de loin

Pour se faire rond

Puis se développer dans une mer d’essence irisée.

Des lambeaux entiers

Comme pétales

Comme tissus déchirés

Comme gémissements amusés

Riant discrètement au paradis physique.

Etoiles roses

Modulations du son

Dans un chemin abstrait,

Partir et

Là-haut attire

L’idée, le sentiment.

Montée, expérience

Du grain et du plein

De la vie retrouvée

Sans voix mais extasiée

L’amour en flèches comme points de fuite.

Etoiles rouges

Buvant de l’eau

Dans un calice

Se sentant appelées

Par l’eau

Comme hélées

L’eau

Comme voulue

Cette soif absolue.

Peur de tout et tremblantes

Mais confiance en

L’eau et en

L’océan de l’espace.

Etoiles grises

Les milles yeux du loin

Regardent

Sans rien dire

Le silence sens.

Le mouvement des lunes

Lunes proches

Les pas que l’on a faits là restent.

Et peu importe

L’avancée, le trou

Le passé, l’avenir.

Les pas éternellement

Pris dans l’éther

Immobiles dans la poussière

Poussant comme signe leur existence

Comme s’ils ne pouvaient être ailleurs.

Parce que dans l’inédit lieu,

L’humanité a dit « je suis ».

Lunes lointaines

L’univers en aimant

Résonne

Comme une ombre

Et le grand visage

N’ose plus parler

Dans la retenue

Lunes flottantes

A force de fendre le flux

Nos âmes romantiques

Nous serviront de gué.

Comme pierres faisant des cercles

Comme nuées qui nous guideront.

Nous parcourrons les grands prés

Les landes calfeutrées,

Les plages élémentaires.

Lunes vides

On pouvait le toucher du doigt,

Sentir

Le drame fermé

Du fini.

Lunes lentes

Rythme vital.

Sans qui

Le néant

L’informe infini

Aucun bruit.

Quand a commencé

Le rythme ?

Qui, quelle force

A enfoncé le premier clou

A pulsé

D’abord.

D’où vient la forme ?

Où va l’élan ?

Lunes rondes

Qui a voulu

La perfection

Pleine

Grandie

Souveraine

Rassurante

Le lait sorti

Le pain mûri

La bouche béante

Les paumes ouvertes

Le matin là

Le midi de près

La joie parfaite ?

Lunes Rapides

D’un coup puissant

La fulgurance

Dans la pensée

Née

De l’écart

Dépassant

S’arrachant

En un geyser immense

Explosion de directions

A bout de souffle

Dans l’aigu et le grave

Les sphères polies

La vie des planètes

Planètes de boue

Pour m’accueillir

Il te faudrait des ailes.

Des bras pour me bercer

Des mains pour la caresse

Des arbres pour l’ivresse

Pour m’éveiller des yeux.

Planètes d’airain

Plaisirs durs

Parsemés de laines

Et de trophées anciens.

Blottis

Dans le blanc entre le titre

Et le corps

Poétique.

Au cœur de l’énigme.

Planètes de fer

Non

A dit

La voix.

Oui

A dit

Le sang.

Planètes de poudres

Vivre dans un éparpillement salutaire.

Ne rien prévoir de ce que sera

Le cri.

Penser sans accroche.

Blêmir au moindre

Rester au contact.

Dans le fourmillement

Dans l’exubérant sentiment.

Et voir ce soir se coucher

La grande sœur des larmes

Celle qui parle sans mots

Celle qui bouge sans mouvement.

L’immense toi.

Le doux nous.

Le je minuscule.

L’amour multiple

Et l’un.

Planètes d’air

Le souffle expectoré

Modulé à sa sortie

Choisi, bien choisi

Bien voulu.

Froid, glacial

Chaud, brûlant.

Comme l’orfèvre

Qui noue un mécanisme

Comme le scientifique

Raisonnant et palpant le réel

Comme la petite fille

Tournant dans sa marelle.

Si joueuse

Et si sérieuse.

Le rond dit tout,

Le carré rien.

Planètes d’eau

Si là

Tu avais voulu

Vivre

Qu’en serait-il

Du creux ?

 

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