L’idée de Dieu

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A ma grand-mère paternelle,

femme, médecin de campagne dans les années cinquante, croyante.

L’idée de Dieu est une drôle d’idée. Elle ne se laisse pas facilement concevoir, c’est même là, peut-être, sa raison d’être : échappant, elle rend tout possible, elle ouvre.

Il s’agirait alors ici, du point de vue d’une athée convaincue, de lancer un chant d’amour à cette idée si contestable, si décriée mais à laquelle je trouve quelques qualités.

Je pars d’une constatation simple : l’idée de Dieu est une idée dont il faut douter, jamais donc elle ne peut être une conviction sans quoi, tout simplement, on est fou. La seule chose qui nous dépasse et qui est hors de doute, c’est la mort. L’existence de Dieu doit toujours être posée et vécue comme une question.

Mais si cette idée est posée justement, justement vécue, alors elle peut devenir un formidable outil car, comme dans le paradoxe de Zénon, elle est la tortue que les flèches n’atteindront jamais, un puissant moteur, donc.

Et en allant plus loin, cette idée peut même devenir un mode de vie, la seule façon d’être heureux. Si une idée devient un mode de vie, une raison d’être, cela veut peut-être dire que, au fond, on est idéaliste. Or l’idéalisme, si l’on est honnête avec soi-même, n’est-il pas le seul garant de la félicité ? Quelle émotion est plus puissante, plus plaisante qu’un idéal vécu ? N’est-ce pas là la définition toute simple du bonheur ?

D’un point de vue humain, très modestement, très petitement humain, je voudrais donc me poser une grande question : qu’est-ce que l’idée de Dieu ?

1) Une maladie

a) Une idée folle

Lacan en a très bien parlé : croire en Dieu, c’est vivre, de façon pathologique, sa passion, garçon ou fille, pour son père ou sa mère, pour la figure tutélaire. C’est être encore un enfant.

Lorsque, adulte, on n’a pas refoulé l’image idéale d’un parent réprobateur ou approbateur, en tous cas tout puissant, lorsque le rapport au réel ne s’est pas fait dans la nécessaire censure de cette idée primitive, alors on est croyant. Alors on est donc un peu fou.

Car en effet, si être un enfant n’est pas une vilaine chose (« c’est un privilège d’avoir un cœur d’enfant » disait Hemingway), avoir des visions, des idées délirantes, entendre des voix n’est certes pas quelque chose que l’on souhaite à ses amis.

Ce n’est pas un hasard si la plupart des pathologies psychotiques se développent autour de cette question, si la plupart des psychotiques se sentent soit appelés (ou en mission), soit soumis à une autorité supérieure qui leur inspire de la terreur.

Un aliéné, c’est quelqu’un qui délègue à un autre le soin de juger du monde.

Etre croyant, c’est donc, dans cette perspective, être fou. L’idée de Dieu est pathologique

b) Une idée qui rend fou

Elle l’est par principe mais elle l’est aussi concrètement, dans la vie. Cette puissance verticale empêchant les relations horizontales, une vraie ouverture à l’autre, devient une force destructrice, un moteur de l’isolement. En effet, aimer un autre est un élément fondamental de la bonne santé. « Travailler » et « aimer » disait Freud. Aimer un autre bien palpable pourrait-on ajouter.

La question du corps est en effet posée. Pas incompatibles, la foi et le corps me direz-vous ? Sûrement. Mais admettons quand même que la tradition religieuse de haine du corps est longue et encore actuelle.

Parce qu’elle induit un rapport à l’autre complexe et un rapport au corps complexé, l’idée de Dieu est donc dangereuse.

c) Une idée qui rend les autres fous

Dangereuse pour soi mais aussi pour les autres, pour ceux qui vous entourent.

D’abord parce qu’elle prend toute la place mais surtout parce qu’elle implique une forme de prosélytisme. Si Dieu est amour, pourquoi ne pas en faire profiter les autres ? Mais voilà, Dieu est amour à certaines conditions : les miennes. Toute forme de foi est personnelle. C’est pour ça qu’il existe plusieurs religions et très certainement autant de religions que de croyants.

L’idée de Dieu devient alors un instrument de l’exercice de notre tyrannie, une sorte d’immense caprice. De cela, témoignent somme toute des siècles – dont nous ne sommes pas encore sortis – de guerres, de persécutions.

Cette idée folle, contraire aux préceptes de l’hygiène mentale, est aussi une idée socialement dangereuse.

Voilà le réquisitoire posé. Il est sans appel. Cruel et injuste répètent les croyants. Mais pourtant évident au regard de l’histoire et de l’expérience humaine.

Seulement voilà : pourquoi tant d’acharnement à vouloir croire ? Pourquoi cette obstination, pourquoi cette folie, cette persévérance dans la folie ? Voilà quelque chose qui interroge ou devrait interroger les athées.

C’est la question très précise que je veux me poser ici. D’abord parce que j’ai été profondément, dans ma vie, touchée par des croyants. Ensuite parce que ne pas se poser cette question, c’est se mettre le nez dans le sable, se réfugier dans une certitude qui a elle aussi quelque chose d’obstinément fou : l’expérience montre les limites de cette idée mais elle en montre aussi la puissance.

Qu’y a-t-il de si doux à croire pour que les hommes et les femmes s’adonnent à ce mode de pensée, à ce mode de vie .

2) Un outil formidable

Croire, disent souvent les croyants, aide à vivre. Et je les crois… Il me semble que croire ne doit pas être de tout repos mais cela a quelques avantages, lisibles par exemple dans certaines expressions courantes du langage qui me semblent révélatrices des bénéfices que l’on peut tirer d’une telle idée. En voici trois exemples correspondant me semble-t-il à trois grandes fonctions de la vie de l’esprit et de l’âme.

a) Si Dieu le veut / Dieu m’en garde

Ces deux expressions correspondent à une idée à la fois terrible et utile. Terrible car, si Dieu le veut, cela m’empêche d’exercer ma propre volonté, de donner à mon désir inaliénable d’être humain toute l’ampleur qu’il mérite. Le libre arbitre que les philosophes ont essayé difficilement de conceptualiser est de toute façon contestable si l’on est croyant puisqu’il n’est pas de Dieu sans volonté supérieure et totalisante. Même l’existence du mal, pour un vrai croyant, n’est pas un argument. Au pire, on parle d’un Dieu méchant, comme dans le polythéisme. A quoi sert donc cette idée de désir supérieur au mien et organisant le monde ?

Peut-être tout simplement à se dire : « alors ce n’est pas ma faute »… On dit souvent que nos sociétés judéo-chrétiennes sont des sociétés de la culpabilité et culpabilisantes. Mais n’est-ce pas l’inverse ? N’est-ce pas le christianisme qui s’est construit sur cette tendance toute humaine à prendre sur son dos des fautes immenses et trop grandes pour nous ? Je ne suis pas historienne mais une étude sur le sens de la culpabilité dans l’Antiquité montrerait peut-être qu’il ne s’agit pas d’une invention du monothéisme…

Dès lors, la religion aurait cette fonction de déléguer à un autre ces fautes qui sont trop écrasantes, d’une part (Si Dieu le veut – ou ne le veut pas – je n’ai rien à me reprocher, j’ai fait ce que j’ai pu) et d’autre part à nous protéger de nos pensées, de nos actes coupables (« Dieu m’en garde » et s’il ne m’en garde pas, je ne suis pas seul responsable). Et d’éviter, donc, d’en arriver à des extrémités comme le suicide qui était monnaie courante dans l’Antiquité et considéré comme un signe de noblesse. Signe s’il en est, le suicide est considéré comme impie par le Christianisme. Je ne suis pas théologienne, mais je demande à voir – question brulante d’actualité – ce qu’il en est dans les deux autres monothéismes…

Hypothèse peut-être un peu étonnante mais qui mérite d’exister.

b) Mon Dieu !

Une autre fonction essentielle me semble liée à la capacité d’étonnement.

L’étonnement, la stupeur sont des sentiments ambivalents : on peut être anéanti parce qu’on est fasciné par quelque chose et donc tétanisé ; on peut aussi être agréablement surpris et en renaitre.

Dans les deux cas, le dire me semble essentiel. Dans l’hypothèse négative, il faut pouvoir parler pour apaiser, identifier et enfin se soigner de la violence. C’est l’hypothèse fondamentale de la psychanalyse mais c’est surtout une évidence. Souffrir en silence, c’est souffrir deux fois. Dans l’hypothèse positive, là aussi, il est utile d’articuler quelque chose. C’est même sans doute le principe fondamental de toute création artistique : je témoigne d’un évènement, d’une idée, d’une rencontre qui m’ont fait mieux ou davantage vivre.

Or voilà que l’idée de Dieu, là encore, s’avère commode. « Mon Dieu ! » s’exclame-t-on, renvoyant à l’inexplicable en même temps qu’au limpide : rien ne s’explique mais tout s’explique et surtout on a réussi à crier, de joie ou de douleur. L’idée de Dieu a donc aussi cette fonction : elle sert de biais, de prétexte pour commencer ou continuer à vivre. Elle augmente, dirait Spinoza, notre puissance d’agir.

c) Adieu

Enfin, toute séparation est douloureuse. Nous en avons tous l’expérience à des degrés divers. Les enfants, quand leurs parents s’en vont. Les adultes, à l’issu d’une rupture amoureuse ou amicale, à l’issu du décès d’un être cher.

Or, si philosopher c’est apprendre à mourir, c’est aussi apprendre à voir les autres mourir.

C’est là que l’idée de Dieu a toute son utilité. Elle sépare. Lorsque je dis « adieu » à quelqu’un, je lui promets que nous nous reverrons et cela m’aide à le laisser partir et cela l’aide à me laisser partir.

Cet « adieu », par métonymie, donne peut-être sens à toute forme de rite. Le rite introduit du sens dans la vie, il ordonne, il rythme. Tout cela, sans doute, parce que seuls, nous sommes perdus. Dire « bonjour » (les rites autour de la naissance), dire « c’est toi » (les rites amoureux) ou dire « adieu » (les rites autour de la mort) ont tous comme point commun d’introduire de la distinction. Je ne me confonds plus avec toi. Je me sépare des origines de ma naissance, je me sépare d’un mort. L’exemple des rites amoureux est contestable me direz-vous. Mais y a-t-il un « nous » sans qu’il n’y ait deux « je » ? Souvent d’ailleurs (je parle en tous cas pour le Catholicisme que je connais un peu mieux), le rite amoureux prend cela en compte : on se prépare au mariage ensemble, certes, mais chacun de son côté, dans la distance, le curé servant de médiateur, c’est-à-dire au fond de trait d’union, de coupure plus que de lien. On se met à l’épreuve, on vérifie que, de soi à soi, en affirmant donc très fortement son existence, son individualité, son autonomie (par rapport à ses parents, par rapport à la société toute entière puisque l’isolement, la retraite est souvent prôné), on est d’accord pour partager sa vie avec l’autre. Là encore, je ne suis pas spécialiste et j’ignore comment les rites amoureux se déroulent dans les autres religions. Pensant à l’islam, à ce que l’on en dit du moins, il me vient à douter : la femme se soumettant à l’homme ne gagne sans doute pas en autonomie. Mais les musulmans éclairés pourraient, j’en suis sûre, me détromper et me rassurer.

Voici donc trois fonctions qui me semblent essentielles et peuvent expliquer le succès de l’idée de Dieu. Sans cette idée, finalement et d’après ce que je me surprends à en dire, sans cette idée, la vie humaine n’est pas vivable ! Ce que je décris, finalement, c’est une vie heureuse… J’en viens donc à me poser cette étrange question, si étrange pour une mécréante : y a-t-il un bonheur possible sans Dieu ?

3) Un idéal de vie

a) La prière (de soi à soi)

Etre en paix avec soi-même, voilà un idéal légitime, une première définition du bonheur.

Mais précisément, dans la prière, dans la vie spirituelle plus généralement, n’expérimente-t-on pas cette solitude assumée ? Bien sûr on parle à quelqu’un qui n’est pas là (on est fou), mais avant tout et en réalité, on se parle à soi-même. On fait le point. On demande quelque chose, oui – demande qui risque fort de rester lettre morte -, mais, pour soi, on clarifie aussi les choses, on découvre ce qui nous est essentiel, prioritaire.

Dieu est l’ancêtre du psychanalyste. Non pas du curé, entendons-nous. Le curé est un directeur de conscience. Il s’occupe de la bonne morale, pas de la paix intérieure. Mais Dieu qui, soyons-en bien convaincus, n’a jamais écrit aucune loi de sa main ?! La prière, c’est la relation transférentielle par excellence. Et pour ceux qui savent prier, cette relation est source d’un bonheur inouï. Pas de corps de l’analyste me direz-vous, certes, mais mieux ! Mon corps à moi, seul avec lui-même, seul avec mon esprit, pleinement autonome.

Dans la prière en effet on touche du doigt la dimension corporelle de notre esprit : états de transe, états seconds sont les témoins extrêmes de ce phénomène si étrange. Mais plus banalement, joindre les mains, s’agenouiller, c’est inscrire dans le corps une intention de l’esprit. La prière est l’ancêtre, disons un avatar, de la gymnastique. C’est un yoga occidental.

On admire les sagesses orientales de nos jours sans peut-être voir que le monothéisme a lui aussi inventé les moyens du bien-être profond que procurent ces arts de vivre. Des inventions, à mon avis, très parasitées par des siècles de vie de l’église, par des siècles de moralisme clérical. Quand les croyants arrêteront de penser (en ces termes), peut-être se rendront-ils compte qu’ils peuvent être heureux, qu’ils en ont les moyens.

b) La fraternité (en société)

Un autre domaine possiblement vertueux est la vie en société. Rêvons un peu…

En effet, l’idéal religieux en ce domaine, c’est la fraternité : tous frères puisque nous avons le même père !

Cela s’incarne dans de belles idées. Celle du prochain, par exemple, qui est bien différente de l’idée, athée du semblable. Je n’aime pas l’autre parce qu’il me ressemble. Je l’aime absolument, pour sa qualité d’autre. Sans condition. Le pardon, valeur cardinale, est le socle de cette relation sublime. Quand on est croyant, on pardonne même à l’assassin. Ce qui, admettons-le est non seulement difficile mais peut-être un peu fou et dangereux. Une société qui pardonnerait à l’assassin serait en grand danger. Mais, idéalement, aucun croyant n’est assassin. Et l’idée du pardon peut s’incarner dans des procédés politiques comme l’amnistie qui implique une durée temporaire de la punition. Dans cette société idéale, les abolitionnistes de la peine de mort seraient majoritaires.

Enfin, c’est bien connu, « religion », c’est « re-ligio », ce qui nous lie. Et l’on est en droit alors de se poser une question à laquelle les anthropologues de la préhistoire ont sans doute déjà répondu : y aurait-il société humaine sans religion ? Si l’homme est un animal politique comme le veut Aristote, n’est-ce pas grâce à l’idée de Dieu ? Certains animaux (et ils sont nombreux) vivent en société bien sûr. Mais à des fins de survie et de reproduction. Poursuivre ensemble le bien commun, n’est-ce pas un effet de la naissance de l’idée de Dieu ?

c) La béatitude (dans le rapport amoureux)

Un dernier domaine nous semble enfin le signe de l’interdépendance entre l’idée de Dieu et la possibilité du bonheur : c’est l’amour.

Schopenhauer a raison : sans l’idée de Dieu, l’amour n’existe pas, n’est qu’une fiction dans le but de garantir la reproduction de l’espèce. Sans Dieu, n’est-on pas obligé de s’en tenir à cette tristesse-là ? Ne doit-on pas admettre que l’amour n’existe pas ?

Ainsi, le Paradis, ce lieu parfait où tout est amour, n’existe pas sans Dieu. J’ose à peine citer Dante.

Mais j’ose citer Alda Merini, plus proche de nous :

Beati coloro che si baceranno sempre al di là delle labbra,

Varcando il confine del piacere,

per cibarsi dei sogni.

Bien heureux ce qui s’embrasseront toujours au-delà des lèvres,

Dépassant les confins du plaisir,

Pour se nourrir des rêves.

« S’embrasser au-delà des lèvres », voilà une idée qui enferme peut-être une définition de l’amour. Une idée qui ne nie pas la sexualité puisqu’elle la pose au centre, comme métaphore parfaite de tout acte amoureux. Une idée qui ne nie pas le plaisir mais qui le dépasse. On songe bien sûr ici au Cantique des cantiques qui définit parfaitement ce que c’est que l’amour quand Dieu s’en mêle : une sorte de relation triangulaire.

Gênant, certes, de ne pas être tranquille tous les deux et de devoir penser à cet immense tiers, devant qui, quand on officialise son amour dans le mariage, on doit témoigner. Mais en même temps nécessaire. Un croyant dira que Dieu est amour. Un athée peut dire que Dieu est la métaphore de l’amour. Et même que sans lui, l’amour n’existe pas, l’amour n’est qu’instinct de conservation.

Alda Merini a connu l’hôpital psychiatrique. On peut se poser alors une question : est-ce parce que sa vision de l’amour est folle ou est-ce parce que c’est à ce prix et à ce prix seulement qu’elle a réussi à coucher sur le papier de si rayonnantes vérités humaines ? Je choisis personnellement la deuxième hypothèse.

Pour conclure, la différence entre moi, athée, et un croyant, c’est qu’un croyant ne pourrait pas parler de Dieu comme d’une idée. Il en parlerait comme d’une présence. Cela ne m’empêche pas de penser, moi, que cette présence, spirituelle, n’est rien d’autre qu’une conception parmi d’autre, une conception tellement puissante qu’elle se met à expliquer le mystérieux, à lui donner un nom. Je préfère, quant à moi, ne pas expliquer, ne pas donner de nom mais je respecte, oui, je respecte et profondément ceux qui choisissent de le faire.

L’autre différence entre moi, athée, et un croyant, c’est que ma morale est antique : je crois que l’espoir est une calamité alors qu’un croyant pense qu’il fait vivre. Nous nous situons différemment dans le temps. Pour moi, le passé et le présent sont la clef, les seuls dont il y a quelque chose à attendre, pour un croyant, l’avenir aussi est prometteur. Voilà une différence essentielle, peut-être la seule différence vraiment déterminante. Cela ne m’empêche pas, moi, athée et sans espoir (mais non pas désespérée), non seulement d’admirer mais aussi d’envier ceux pour qui le Temps, avec une majuscule, a cette épaisseur. C’est là, en effet, un art de vivre extraordinaire pour qui sait le mettre en acte. Ma morale est plus petite (sans Dieu, je me sens minuscule), peut-être plus juste, mais elle m’est personnelle. Je ne suis pas kantienne, je n’universalise pas mes maximes, je ne le fais qu’en rêve, quand je songe à mon tour à ce que serait une vie idéale. Loin de moi donc, puisqu’il ne faut jamais faire à autrui ce qu’on ne voudrait pas qu’il nous fît (un kantisme en négatif), loin de moi le prosélytisme.

Enfin, je ne suis pas idéaliste. Je crois que rien n’est plus mortifère qu’un idéal. Mais comment ne pas admirer celui qui se tisse autour de l’idée – magique – de Dieu ? Comment ne pas y être sensible ? Comment ne pas y réfléchir ? Pour certains croyants, ceux que j’aime, cet idéal, c’est leur vie. Ma vie à moi, n’est pas mal, je vous remercie. Et mes intentions tout aussi pures : pour moi, la vie excellente ne se conçoit pas sans altruisme. Mais justement, cela implique que le mystère, la magie ne soient pas transcendants mais immanents, présents dans la relation duelle à l’autre. Je suis trop pudique pour supporter la présence d’un amant supplémentaire, fût-il divin, au banquet du couple. Mais il m’arrive de penser que cette pudeur-là me joue des tours…

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